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Catégorie voyageToxoplasmose

La toxoplasmose est une infection parasitaire dont l'agent est le protozoaire Toxoplasma gondii. Le parasite infecte le plus souvent des animaux à sang chaud, y compris l’être humain, mais son hôte définitif est un félidé (dont le chat fait partie).

Traditionnellement, l'infection a été jugée bénigne, voire asymptomatique dans l’immense majorité des cas pour les sujets immunocompétents, ne présentant un risque sérieux que pour les femmes enceintes séronégatives et les sujets ayant un système de défense immunitaire affaibli3. Toutefois, le fait que la toxoplasmose abolisse l'aversion instinctive du rat envers son prédateur, le chat, pour la remplacer par une attirance fatale a incité des neuroscientifiques réputés tels que Robert Sapolsky et Fuller Torrey à revisiter l'hypothèse d'un lien causal entre la toxoplasmose et certaines neuropathologies humaines, dont la dépression, les idéations suicidaires et la schizophrénie. Il est établi que le parasite est capable de modifier la connectivité des centres du plaisir et de la peur, de causer l'apparition de kystes hébergeant la forme dormante du parasite dans ces centres, chez le rat, et d'influencer, notamment, la production de dopamine. La dopamine est un neurotransmetteur.

La maladie est présente partout dans le monde et on estime qu’un tiers de la population mondiale est infectée par le parastite Toxoplasma gondii. Sa prévalence chez l’être humain est variable. Pour les adultes présentant une séropositivité au toxoplasme (et donc une immunité à une réinfection), la prévalence est faible en Asie ou en Amérique5,6, elle est inférieure à 30 % dans les pays scandinaves et dans le Royaume-Uni, elle va de 20 à 50 % en Europe du Sud ainsi que dans les régions humides de l’Afrique et elle va de 50 à 70 % en Europe de l’Ouest.

La toxoplasmose peut être transmise par la mère enceinte à son fœtus. En France en 2003, la séroprévalence chez la femme enceinte était d'environ de 44 %. Le risque et la gravité que le fœtus soit atteint dépend du stade de la grossesse. Le risque est inférieur à 2 % avant deux mois de grossesse mais dans ce cas l’atteinte fœtale est grave. Il atteint 70 % en fin de grossesse et le fœtus subira alors essentiellement des lésions oculaires.

Symptômes

Il existe trois formes cliniques :

la toxoplasmose acquise, chez une personne ayant des défenses immunitaires normales, en général inapparente ou sans gravité. Dans 20 % des cas environ, divers symptômes peuvent apparaitre : fièvre modérée (inférieure à 38 °C), ganglions (essentiellement au niveau du cou), éruption cutanée (petits boutons rosés) sur l’ensemble du corps, douleurs dans les articulations, fatigue, mal de tête.

la toxoplasmose congénitale qui peut être à l’origine de fœtopathies graves, due à l'infection du fœtus d'une femme enceinte séronégative, non protégée car n'ayant jamais été en contact avec le toxoplasme.

la toxoplasmose de l’immunodéprimé, telles que les personnes atteintes du SIDA ou les personnes greffées et traitées par des médicaments immunodépresseurs.

Traitement

L'association de sulfadiazine (Adiazine), de pyriméthamine (Malocide) et d'acide folinique (pour la prévention des effets hématotoxiques) pendant six semaines est le traitement de référence. On utilise aussi en alternative le cotrimoxazole (Bactrim) ou l'atovaquone (Wellvone). Une attention particulière doit être portée aux interactions avec les antirétroviraux.

Le traitement préventif est recommandé en cas de présence d'anticorps anti-Toxoplasma gondii et si les lymphocytes T CD4 sont inférieurs à 100 par mm3 de sang. Une association de pyriméthamine, sulfadiazine et acide folinique est recommandée. Le cotrimaxozole peut aussi être utilisé avec l'avantage d'être aussi efficace pour la prophylaxie de la pneumocystose, autre maladie opportuniste du SIDA en association fréquente.

Gestes préventifs

Les mains doivent être abondamment lavées avec de l'eau et du savon, en utilisant utiliser des gants si possible. Il ne faut pas se toucher la bouche ou les yeux après avoir manipulé de la viande crue. Les surfaces et les objets utilisés (couteaux, fourchettes) doivent être nettoyées à l'eau savonneuse.

Ne pas laisser les insectes (blattes notamment) entrer en contact avec les aliments et les zones de préparation car ils pourraient amener des oocystes.

La terre peut être une source de contamination, en particulier aux endroits fréquentés par les chats (les excréments de chat sont fréquemment présents dans les sols). Il convient donc de bien se laver les mains après avoir travaillé la terre ou touché des animaux, le port de gants est fortement recommandé. Le port de gants ne doit pas dispenser d'un lavage de mains.

Il faut d'éliminer systématiquement les excréments des félins, jeter la litière sèche sans la secouer. La destruction peut se faire par dépôt en décharge, incinération, ou en les enterrant à une bonne profondeur.

Les bacs de litière doivent être désinfectés (par étuvage à 70 °C pendant 10 minutes au moins) chaque jour, de même que les pelles, balais et autres articles de nettoyage. Les accessoires de nettoyage doivent être conservés dans la même zone que les animaux. Porter des gants de protection.

Chez les patients greffés ou transplantés (immunodéprimés)

Il peut s'agir ici soit de la réactivation de kystes résultant d'une contamination passée du receveur (par exemple lors d'une greffe de moelle osseuse), soit de l'introduction chez le receveur de kystes contenus dans le greffon (par exemple lors d'une greffe du cœur).

Au plan clinique, les manifestations dans ce cas sont celles d'une toxoplasmose aiguë disséminée.

Dans tous les cas où l'on s'apprête à provoquer un déficit immunitaire, il faut connaître si possible le statut immunitaire du patient vis-à-vis de la toxoplasmose avant la mise en place du traitement immunosuppresseur. De plus, il est indispensable de mettre en place une surveillance du patient ainsi que de suivre des mesures prophylactiques rigoureuses.

Cycle du parasite

chat hôte definitif
Le chat est l'hôte definitif du parasite Toxoplasma gondii

Le cycle peut être sans hôte intermédiaire, ou en passant par un ou plusieurs hôtes intermédiaires.

L’hôte définitif du parasite est principalement le chat, mais les autres félidés sont aussi concernés.

Les hôtes intermédiaires sont des mammifères et/ou des oiseaux (le chat, hôte définitif, se contamine dans la plupart des cas en mangeant des oiseaux, des rats, des souris).

Cycle de Toxoplasma gondii