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Généralités

Le virus chikungunya (CHIKV) est un arbovirus. C’est un alphavirus de la famille des Togaviridae. Ce virus à ARN comprend deux types génétiques, un situé en Afrique occidentale, l'autre en Afrique orientale et du sud. Les vecteurs de ce virus sont des moustiques femelles appartenant au genre Aedes comme les espèces Aedes aegypti et Aedes albopictus . En langue Makondé, chikungunya signifie « qui marche courbé en avant », et évoque la posture adoptée par les malades en raison des intenses douleurs articulaires.

Symptômes

L’infection à virus chikungunya entraine après un délai d’incubation de 2 à 10 jours, des atteintes articulaires, souvent très invalidantes, concernant principalement les articulations des poignets, des doigts, des chevilles, des pieds mais aussi les genoux. Plus rarement les patients peuvent avoir des douleurs articulaires aux hanches ou aux épaules. Les douleurs articulaires obligent le patient à rester au lit. A cela s’associe fréquemment des maux de tête, de la fièvre, d’importantes douleurs musculaires, une éruption cutanée au niveau du tronc et des membres, une conjonctivite, une inflammation des ganglions lymphatiques cervicaux. En Asie des saignements des gencives ou des épistaxis (saignements du nez) ont été fréquemment décrits.

Avant 2005 les formes compliquées de chikungunya n’étaient qu’exceptionnellement décrites. L’épidémie survenue sur l’Ile de La Réunion en 2005 a permis de montrer l’existence de formes neurologiques graves. Comme des patients présentant des méningo-encéphalites et des atteintes des nerfs périphériques. Ces dernières sont principalement rencontrées chez des personnes âgées, ou au système immunitaire affaibli. On peut les voire chez des nouveau-nés, infectés in utero par leurs mères malades.

La rémission des symptômes cliniques est assez rapide avec la disparition en quelques jours de la fièvre (trois jours en moyenne) et des manifestations cutanées. Les signes articulaires peuvent perdurer sur plusieurs semaines. Il ne semble pas que l’infection par le virus Chikungunya soit la cause directe du nombre limité de cas mortels qui ont été décrits lors des épidémies.

Il existe aussi des formes asymptomatiques.

Cycle du virus du chikungunya

C’est en injectant de la salive anticoagulante et anesthésiante dans un vaisseau sanguin de sa victime que la femelle moustique infecte l'hôte. Un moustique femelle s’infecte en piquant un humain ou un animal contaminé. Le sang traverse ensuite la frontière stomacale de l’animal. L'Aedes femelle ne sera alors infectante qu'après plusieurs jours de développement du virus dans son corps jusqu'à ce qu'il arrive aux glandes salivaires. La femelle devenue infectante le reste toute sa vie, soit environ un mois. Or, elle pique et pond tous les quatre jours environ. Sept à huit transmissions du virus par le moustique sont donc possibles avec la contamination d'autant de personnes. Il existe une transmission verticale, c’est-à-dire que les œufs pondus par une femelle infectée sont contaminés dans une très faible proportion (1 à 2 %), et donc sans répercussion réelle sur la transmission de la maladie. Le réservoir en dehors des Hommes est constitué de primates et de petits mammifères. Il existe une transmission in utero du virus de la mère à l'enfant en dehors de cette dernière il n’y a pas de transmission d’Homme à Homme.

Epidémiologie

La première épidémie due au virus chikungunya a été décrite en 1952 Tanzanie. Depuis il y a eu d’autres épidémies sur les continents africain et asiatique, en particulier en Inde depuis 2006 (environ 2 millions de cas avérés ou suspects) et dans l’Océan Indien. En 2007, Le chikungunya a également fait son apparition en Europe, touchant environ trois cents personnes durant le mois de septembre en Italie, dans la région de Ravenne. En 2010, les deux premiers cas autochtones de chikungunya ont été recensés en France.

L’aire de distribution du virus du chikungunya s’étend à toute l’Afrique sub-saharienne et à l’Asie du Sud-Est. En Afrique, le virus est maintenu au sein d’un cycle forestier faisant intervenir des primates et des moustiques (Aedes luteocephalus, Aedes furcifer ou Aedes taylori). En Asie, l’introduction du virus serait plus récente, il circule dans un cycle essentiellement urbain ou périurbain qui implique les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus. Dans l’Océan Indien, aucune activité du virus chikungunya n’avait été détectée avant 2005. Le virus, vraisemblablement originaire de l’Afrique de l’Est, a provoqué une première épidémie aux Comores.

En mars 2005, l’épidémie s’est propagée rapidement dans l’île de La Réunion à partir du Nord-Ouest, avec une flambée importante entre fin avril et début juin puis une persistance de la transmission virale durant l’hiver austral. Sur cette île, la transmission du virus est assurée principalement par le moustique Aedes albopictus qui s’y est répandu sur l’île grâce à sa grande capacité d’adaptation puisqu’il colonise indifféremment les gîtes artificiels et naturels. Au total, environ 270 000 personnes auraient été infectées, pour une population totale de 750 000 habitants. En parallèle, dès fin mars 2005, les îles Seychelles, Maurice et Mayotte ont été également touchées par l’épidémie de virus chikungunya, avec une augmentation des cas dès janvier 2006. Madagascar a également connu une circulation active du virus. Deux cas d’importation en provenance de Madagascar ont été identifiés en Guyane française en mars 2006. Au printemps 2010, le chikungunya a à nouveau fait parler de lui sur l’Ile de La Réunion, avec une vingtaine de cas confirmés.

carte repartion des cas de chikungunya

Carte : Pays à risque de dengue et de Chikungunya en 2011 selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Traitement

Le traitement est purement symptomatique : contrôle de la fièvre et des douleurs au moyen de paracétamol ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces traitements n’ont cependant aucun effet préventif sur la survenue d’une évolution chronique. Une corticothérapie peut s’avérer nécessaire dans les formes sévères d’évolution subaiguë ou chronique.